Angola : Le pétrole, les cicatrices et le kuduro
L'Angola est le pays des extrêmes. Deuxième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne, mais 60% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour. Une guerre civile de 27 ans (1975-2002) qui a fait 500 000 morts, mais aussi le kuduro, cette musique électronique des musseques de Luanda qui fait danser la planète. L'Angola est riche et pauvre, traumatisé et vibrant.
L'Après-Guerre et le Pétrole
La guerre civile entre le MPLA (soutenu par Cuba et l'URSS) et l'UNITA (soutenu par les USA et l'Afrique du Sud) a dévasté le pays. La mort de Jonas Savimbi en 2002 a mis fin au conflit. Depuis, le MPLA règne sans partage — dos Santos pendant 38 ans, puis João Lourenço depuis 2017. Le pétrole représente 90% des exportations, mais les revenus sont captés par une élite. Luanda est l'une des villes les plus chères du monde.
La Force Ubuntu : Kuduro et Résilience
L'Angola danse sur ses traumatismes. Le kuduro — cette musique née dans les quartiers pauvres de Luanda, mélange de techno, de house et de rythmes angolais — est un exutoire. La kizomba, plus sensuelle, a conquis le monde. Les solidarités familiales ont survécu à la guerre. Les Angolais ont une fierté — leur pays est grand, riche, ils ont gagné leur indépendance. Ils attendent juste d'en voir les fruits.
« Quem não tem cão, caça com gato »
Qui n'a pas de chien chasse avec le chat
— Proverbe portugais angolais
L'Angola nous rappelle que la richesse du sous-sol ne fait pas le bonheur du peuple, et que la danse peut être une forme de résistance.